IdéeMarche
Psychoéducatrice de formation , barbouilleuse-assembleuse de conviction, je vis l'atelier comme le haut lieu fantastique. C'est un patenteux notoire, mon père, qui m'a inspiré les « rêves de l'établi ». Depuis, bien candidement et toujours préoccupée par l’environnement, social et écologique, j’amasse les déchets et les re-questionne, oubliant leurs habits de moines… Mon travail propose des assemblages et sculptures inspirés de notre mode de vie occidental (hélas, de plus en plus mondial) où la consommation et le goût du jour font table rase sur l’expérience ancestrale. Loin de moi l’idée d’être passéiste, je crois pourtant que nos idéologues devraient davantage épauler la nature, à défaut de quoi, même les plus perfectionnées des technologies resteront vaines…
La beauté n’appartient pas à l’antiseptique ni à l’anonyme. Je réagis à la pollution médiatique des idées et idéaux et refuse la vie résignée : la beauté ne vient-elle pas plutôt de l’énergie ressentie lorsqu’il y a dignité humaine? À l’instar de Hundertwasser, qui abhorre la ligne droite, j’estime que les matériaux laissés pour compte méritent qu’on s’y attarde – malgré leurs lignes croches – alors qu’ils nous offrent de nouvelles possibilités de faire, de créer. Le rapprochement social est ici flagrant…
Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’en parallèle à ma vie d’artiste j’enseigne l’éducation spécialisée au collégial, pratique qui a débuté après une dizaine d’années passées « sur le terrain ». Aussi, tant socialement, écologiquement qu’artistiquement, je crois que faire fi des structures existantes n'apporte pas nécessairement la désorganisation. Voilà ce que je témoigne avec mes tableaux et pièces.
Au fil des déchets trouvés, imprévisibles, telle la nature et ses intempéries, j’expérimente les matériaux, tentant de n’en exclure aucun, louangeant son unicité. Chacun peut nous offrir une vérité nouvelle, il n’en tient qu’à nous d’oser cette magie.
Ida Rivard